Créations

L'Ensemble Polhymnia s'engage pour la création musicale contemporaine et la diffusion de celle-ci à un public aussi large que possible en Suisse et à l’étranger. Des oeuvres de compositeurs de tout horizon sont données en création mondiale chaque année.

Première parole
pour ensemble vocal féminin

En partant de la première parole du Christ en croix, fragmentée et en quatre langues différentes (français, allemand, anglais et latin) cette pièce cherche à offrir un parcours sonore en forme de mosaïque.

Ainsi les voix se croisent tandis que les soli dialoguent avec les tutti en menant à une texture mobile et contrastée.

La répétition de mots identiques avec des intentions expressives souvent opposées aimerait augmenter l’image d’une unité déclinée sous de multiples visages.

Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Vater, vergib ihnen, denn sie wissen nicht, was sie tun.
Father, forgive them, for they do not know what they do.
Pater dimitte illis non enim sciunt quid faciunt

Xavier Dayer

 

Concert de saison #2 - 2017
Eglise Saint Germain
Novembre, 2017
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Le Duiapart
pour ensemble féminin

Le Duiapart est né d’une rencontre improbable entre une mélodie traditionnelle indienne et la poésie de Mallarmé.

J’ai entendu cette mélodie lors d’un concert-atelier donné à la HEM de Genève par Maitryee Mahatma (danse kathak), Abhijit Biswas (chant hindustanie) et Nabankur Bhattacharya (tablas). Elle tournait sur elle même semblant n’avoir ni début ni fin, semblant se réinventer à chaque tour. Cela nous conduisait vers un vertige harmonieux qui pouvait peut-être trouver une résonance dans celui qui procure la poésie de Mallarmé dont les vers sont d’une richesse telle que le sens premier des mots laisse place à la sensation pure.

J’ai choisi deux vers tirés du conte philosophique « Igitur » :

  • Le personnage qui, croyant à l’existence du seul Absolu, s’imagine être partout dans un rêve (il agit au point de vue Absolu) trouve l’acte inutile, car il y a et n’y a pas de hasard – il réduit le hasard à l’Infini – qui, dit-il, doit exister quelque part.
  • J’ai recueilli précieusement les moindres atomes du temps dans des étoffes sans cesse épaissies.

Dans le Duiapart ces vers tournent sur eux mêmes en suivant les « tours » de la mélodie indienne. Ils se répètent ne laissant d’abord résonner que certaines syllabes, puis se révélant peu à peu.

Le chœur, divisé en trois groupes, fait résonner le tout de trois endroits différents, créant encore un autre mouvement rotatif dans l’espace d’écoute. 

 

Nicolas Bolens

 

Concert de saison #2 - 2017
Eglise Saint Germain
Novembre, 2017
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Sous la terre des cris
pour voix féminines, piano et percussion

La Méditerranée est aujourd’hui un lieu d’exil. Les souffrances ignorées se joignent à celles que nous découvrons jour après jour avec effroi. Cette pièce est une image des cris souvent assourdis d’êtres humains fuyant les guerres et la misère pour franchir la mer. L’œuvre est d’un seul tenant me faisant penser à un monolithe qui coule. Le texte chanté se compose de mots épars assemblés librement pour leurs sonorités et les images qu’ils m’évoquent. Les percussions et le piano apparaissent et disparaissent : le mouvement de l’eau qui recouvre.

Xavier Dayer

Concert saison 2016 #2
Grande salle du conservatoire
Novembre, 2016
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Suigetsu
pour chœur de femmes, flûte, harpe et piano

Suigetsu, « Eau et Lune » en japonais, est écrite d’après huit Tanka, poèmes médiévaux. Parmi les thématiques riches et profondes parcourant cette poésie, l’eau tient une place singulière. Les gouttes baignées dans la lumière de l’éclair ; la voute céleste dite Rivière‐du-Ciel « Ama no gawa » ; ou encore notre monde ressenti comme écume d’une autre réalité. Une question fondamentale apparaît d’emblée : que signifie notre existence ? « le reflet de lune qui habite l’eau au creux d’une main : réel ? irréel ? J’ai été cela au monde » La voix est traitée différemment selon le caractère de chaque poème. Filtrage des voyelles ou des consonnes, dissociation des mots, des syllabes. Chacune de ces techniques forme un univers particulier auquel se mêle le timbre des instruments – la flûte, la harpe, le piano – d’où l’oscillation entre réel et irréel, son ambiguïté. Un son comme une goutte d’eau n’existe qu’un instant. L’instant de cette pièce, ce reflet de ma vie effleure nos oreilles, et disparaît. Image illusoire.

Saison 2015 de l'Ensemble
Grande salle du Conservatoire
Mai, 2015
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Dans la Paix
pour chœur de femmes et piano à quatre mains

L’essence de l’œuvre consiste en trois poèmes de René Char faisant partie de « L’action de la justice est éteinte » et « Poèmes militants », tirés du recueil « Le Marteau sans Maître ». Ces poèmes ont été rédigés entre 1931 et 1932 dans un « état de révolte et de violent pessimisme ». En évoquant le style du poète, André Breton parle d’une « transparence et dureté extrême ». J’aime ces caractéristiques qui se révèlent nécessaires dans mon travail actuel. Ainsi, dans « La Luxure », une partie de piano extrêmement énergique et sonore contraste en permanence avec des voix douces et transparentes. Dans « Les Soleils Chanteurs », le texte est implacablement énoncé « recto tono », sans mouvement mélodique. En alternance, un commentaire chanté, sans mot, reflète une tristesse contenue. « Sommaire » décrit l’impasse dans laquelle se trouve « L’homme criblé de lésions», à travers divers jeux de boucles, mouvements rythmiques et mélodiques tournant sur eux-mêmes. La grave densité du poème conduit néanmoins vers une ouverture : "Au terme de la bourbe insociable, Le sphérique des respirations pénétra dans la paix." Au regard des violences spectaculaires véhiculées dans l’actualité, la pureté du langage de René Char s’est présentée à moi telle une source apaisante.

Saison 2014 de l'Ensemble
Grande salle du Conservatoire
Octobre, 2014
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Hallelujah
pour chœur de femmes et orgue

« Et si la louange, la gratitude étaient un chemin pour faire silence en nous ? Essayer, peu à peu, de chanter au milieu de tous ces bavardages, de toutes les rumeurs du monde. Oui, notre chant pour les apprivoiser. Oui, notre chant qui contaminerait chaque cellule de notre être, chaque pensée et chaque désir… Il deviendrait cette prière qui s’unirait avec toute la création, visible et invisible, pour la gloire de ce qui nous dépasse. Il ouvrirait, même pour un instant, un espace où on pourrait se recueillir, contempler, se reposer. Un temple ouvert au milieu de nos boulevards bruyants. Une oasis perpétuelle au milieu de notre désert. »

Saison des 20 ans de l'Ensemble Polhymnia
Grande salle du Conservatoire - Genève
Avril, 2014
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Triptyque
pour chœur de femmes

« Quand j’ai entrepris la composition de cette pièce pour choeur de femmes et cuivres, je venais de lire plusieurs poèmes de Joseph von Eichendorff ; certains avaient attiré mon attention, mais j’ai mis du temps à faire mon choix, tant les textes du poète allemand étaient riches et propices à la musique.

Peu à peu, mon attention s’est posée sur « Sehnsucht » – Nostalgie –, j’ai commencé à mettre ces vers en musique et le troisième volet de ce Tryptique (le plus développé sans doute) a pris forme. Je dis le troisième volet, car très vite, et ce même si la construction de Sehnsucht me semblait convaincante, je sentais bien que ce poème avait besoin d’une introduction, d’un prélude, en quelque sorte. On ne pouvait pas réussir à entrer correctement dans cette nostalgie, sans s’y être préparé ou sans avoir été contraint de s’y projeter. Il me fallait donc créer une atmosphère qui allait dans ce sens.

C’est ainsi que j’ai donc décidé de faire précéder « Sehnsucht » par deux poèmes plus courts et contrastés (Der Abend – Le Soir et Neue Liebe – Nouvel Amour) qui allaient permettre de créer l’ambiance voulue et l’état d’esprit adéquat pour rentrer dans ce sentiment si particulier de nostalgie qui m’avait frappé à la lecture des vers de Joseph von Eichendorff. »

Geneva Brass Festival
Temple de la Fusterie - Genève
février, 2012
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Psaume 88
pour chœur de femmes et orgue (ou quintette de cuivre)

« Le texte du Psaume 88 a la particularité d’être extrêmement dramatique, permettant à la musique de refléter de façon assez descriptive les émotions qui s’en dégagent. Il met en scène une personne désespérée que Dieu a abandonnée, tour à tour en appel, plaintive, accusatrice, révoltée angoissée, résignée. Ainsi, les parties calmes – lamentations - et plus vives - supplications, interrogations et appels - peuvent alterner, mais toujours en présence d’un thème tonal, le leitmotiv qui traverse la pièce. »

Geneva Brass Festival
Temple de la Fusterie - Genève
février, 2012
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
"Si lointaine sa voix"
pour chœur de femmes, flûte à bec et orgue

"Cette nouvelle création commandée par le chœur Polhymnia représente un défi passionnant à relever : celui d'être placé en regard du grand compositeur de la fin du dix-septième siècle français, Marc-Antoine Charpentier.
Il y a un certain nombre d'années, une telle proposition ne m'aurait guère intéressé, car toute mon attention était concentrée sur la recherche d'un langage personnel. Aujourd'hui il m'est tout à fait possible d'intégrer dans une pensée actuelle un langage tonal ou modal et de le façonner selon mon idéal.

Pour les trois parties de cette œuvre chorale j'ai choisi des poèmes de l'écrivain François Debluë, avec lequel j'ai déjà collaboré à plusieurs reprises. La poésie de Debluë est d'apparence très simple, mais elle recèle des trésors de profondeur, sur un ton quelquefois léger et comme douloureusement ironique. Les textes que j'ai utilisés sont extraits d'un recueil intitulé “De la mort prochaine”.

Voici les titres des trois parties qui seront séparées par des musiques chorales et instrumentales : D'un visage endormi - Petit testament - D'une noire étoile.
La dernière pièce a la particularité d'une part, de citer entièrement une antienne de M.A.Charpentier, chantée à l'office du Vendredi-Saint, d'autre part de s'enchaîner sans interruption avec le dernier morceau du programme “In Nativitate” du même Charpentier."

Eric Gaudibert est subitement disparu en juin 2012, cette oeuvre est une de ces dernières compositions. Vous pouvez lire en téléchargement le vibrant hommage de François Debluë.

Concerts de l'Association des orgues d'Hermance
Hermance
février, 2011
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Imago
pour chœur de femmes et quatuor à cordes

"Imago" est le fruit d’une collaboration entre l’auteur du texte orginal, Maria Rosaria Valentini, et le compositeur de cette oeuvre, Francesco Hoch. Le sujet central de celui-ci est l'utilisation de l'image de la femme dans la société de consommation actuelle. Des Femmes-Images se présentent, exaltant leur propre beauté, non sans une certaine ironie, tout en suivant les stéréotypes rassurants dictés par les médias. Cette représentation de l'image féminine se trouve au centre d’une question actuelle, qui est celle de l'augmentation constante du désir de consommer, favorisée et organisée par la société moderne.»

Festival « Voice » ASM
Lausanne
Septembre, 2009
Commanditaire: 
Association Suisse des Musiciens
Plaines
pour chœur d'enfants, choeur de femmes et flûte

"Plaines est un ensemble de neuf pièces courtes basées sur neuf haikus de Bashô, l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise du XVIIème siècle.
Le haiku est un poème court, presque instantané (la durée d'une respiration) ; et ceux de Bashô allient la grande subtilité de l'art japonais avec une sorte de détachement et une extrême attention à la nature.
Pour présenter musicalement ces neuf extraits de l'oeuvre de Bashô, le mariage d'une flûte, d'un choeur d'enfants et d'un choeur féminin semblait idéal par les relations extrêmement fines qui peuvent se tisser entre ces trois sources sonores.
Les haikus sont ici chantés aussi bien en français qu'en japonais, oscillant délibérément entre ces deux langues ainsi qu'entre les timbres à la fois proches et éloignés des voix d'enfants et des voix de femmes."

Château Rouge
Annemasse
Mars, 2007
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
La jeune châtelaine
pour chœur de femmes et flûte

" Ce qui frappe Jean-Louis Gand dans les trois poèmes d’Apollinaire (Alcools) qu’il a choisis c’est le mystère poétique qui les enveloppe d’un bout à l’autre :
« Le premier est un poème de printemps très alerte et pétillant. Le second exprime l’ivresse d’un clair de Lune dans une atmosphère irréelle, presque méditative. Dans la troisième pièce, qui fait partie des Rhénanes, on voit passer des dames sur des barques qui croisent un cortège de saltimbanques. On n’est pas dans un monde au premier degré, c’est évident. » "

Concert rétrospectif
Dijon
Décembre, 2006
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Les Roses de Saadi
pour chœur de femmes flûte et violon
Concert de l'Ensemble
Genève
Juin, 2006
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Eternité (opus 98)
pour chœur de femmes et orgue

"Eternité op.98 a été composée à partir de quatre poèmes tirés des “Motets de l’ombre et du dimanche” d’Edmond Kaiser, un grand ami disparu, figure emblématique de l’aide aux enfants malheureux et délicat poète à ses heures. J’ai écrit une musique aussi sensible qu’expressive dans la simplicité requise par la beauté de ces textes."

Concert de la cathédrale de Lausanne
Lausanne
Octobre, 2005
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Clair de Lune
pour chœur de femmes et piano
Saison culturelle de Lancy
Grand Lancy
Avril, 2004
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Le mai
pour chœur de femmes et piano
Concert
Vulbens
février, 2003
Commanditaire: 
Ensemble Polhymnia
Intermezzo
pour chœur de femmes, flûte, violon et harpe

« Composée pour le chœur Polhymnia, cette œuvre a pour particularité d’être chantée sur des poèmes de trois langues différentes : en italien, un madrigal de Battista Guarini (1538-1612) ; en allemand, un poème d’amour de Angelus Silesius (1624-1677) ainsi qu’une ballade populaire - “La fille de la lande” - d’Eduard Mörike (1804-1875) ; enfin un fragment d’un grand texte mystique anglais de Gerard Manley Hopkins (1844-1899).
Pour créer une œuvre qui donne un sens à ces différents textes qui n’étaient pas écrits pour être mis ensemble, j’ai entrecroisé les poèmes de façon que les contrastes alternent avec les ressemblances; ainsi une nouvelle “histoire” est née de ces moments écrits par quatre poètes séparés par le temps et l’espace.»

Printemps Carougeois
Carouge
Mars, 1999
Commanditaire: 
Ville de Carouge