Suigetsu


« Le reflet de lune qui habite l’eau au creux d’une main réel ? irréel ? j’ai été cela au monde »

L’univers de la musique japonaise des XXème et XXIème siècle
“ Mon but n’est pas de mettre en mouvement des sonorités dans une direction précise. Je voudrais au contraire les laisser libres, si possible éviter de les contrôler. Je me contenterais parfaitement de recueillir les sons qui gravitent autour de moi et de les mettre ensuite en mouvement d’un geste délicat […] ” Toru Takemitsu (1930-1996)

On a dit de Toru Takemitsu que « la musique était son langage, mais la communication universelle son but ». Cette universalité, il y est parvenu en fusionnant les traditions européenne et japonaise. Par ailleurs, il a écouté avec une attention particulière les leçons de la nature, ayant une « profonde vénération pour ses mécanismes précis et son grand ordre », et concevant le son comme une chose vivante. Si Toshio Hosokawa a été initié à la composition musicale occidentale par le compositeur germano-coréen Isang Yun (1917-1995), il est retourné progressivement aux sources de la tradition musicale japonaise, plus précisément celle du théâtre Nô. Sa musique peut être tendue comme un arc près à décocher une flèche ou totalement détendue comme la « scordatura » d’une corde d’un violon. Le son est pour Toshio Hosokawa une énergie en perpétuelle transformation. Le silence est la matrice de son œuvre, « Ma musique est une calligraphie de sons, ceux-ci sont peints sur le silence de la toile »

En 2007, Nicolas Bolens avait composé pour le choeur « Plaines » que nous proposons également pour ce programme. "Plaines est un ensemble de neuf pièces courtes basées sur neuf haikus de Bashô, l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise du XVIIème siècle.
Le haiku est un poème court, presque instantané (la durée d'une respiration) ; et ceux de Bashô allient la grande subtilité de l'art japonais avec une sorte de détachement et une extrême attention à la nature.
Pour présenter musicalement ces neuf extraits de l'oeuvre de Bashô, le mariage d'une flûte, d'un choeur d'enfants et d'un choeur féminin, semblait idéal par les relations extrêmement fines qui peuvent se tisser entre ces trois sources sonores.
Les haikus sont ici chantés aussi bien en français qu'en japonais, oscillant délibérément entre ces deux langues ainsi qu'entre les timbres à la fois proches et éloignés des voix d'enfants et des voix de femmes. »

Enfin, l’Ensemble a commandé une nouvelle oeuvre à la compositrice japonaise Aki Nakamura qui a décidé d’écrire une pièce sur 8 poèmes japonais médiévaux pour ensemble féminin, flûte, harpe et piano.

Ces compositeurs japonais ainsi que ces deux créations cristallisent l’essence de la musique japonaise du XXème siècle, avec son raffinement, sa poésie, son lien indéfectible avec la nature et la voix.
 L’Ensemble Polhymnia propose un voyage dans ce monde délicat.

Fiche technique : 

Ensemble vocal féminin Polhymnia

Flûte, harpe et piano

Franck Marcon, direction